Le Capitalisme déteste les Créateurs d'entreprises

Publié le par Neige

 

 

Il faudra bien qu'un jour on admette la détestation de ce système ultra-capitaliste pour les créateurs de petites entreprises inventives, sociales ou qui font sens pour la collectivité.

 

Il leur oppose une administration bureaucratique de type soviétique (et même pire, d'après les personnes qui ont connu ce régime), il faut donc se "surarmer" pour passer l'écueil, ce qui n'est bien sûr pas possible à la majorité des gens qui auraient besoin de travailler.

Eux, tout est fait pour les isoler, alors même que des structures de "rassemblement" sont indispensables pour se défendre efficacement. Le régime d'auto-entrepreneur est à ce titre le pire des abandons : vous vous retrouvez entièrement seul(e) face aux énormes machines administratives qui sont là pour vous entraver, vous contrôler, vous compliquer la vie. Pour vous, la dérégulation n'existe pas et n'existera jamais, la moindre de vos actions fera l'objet de suspicion, des heures entières de travail seront consacrées à simplement... prouver votre honnêteté. Vous porterez sans aucune aide une charge mentale si pénible que, tôt ou tard, à moins d'être un colosse psychologique, vous vous découragerez. 

 

La manière dont la "Loi pour la confiance dans l'économie numérique" place l'URSSAF dans la liste des organisme pouvant réclamer des données personnelles aux FAI sans autre forme de procès est tout aussi caractéristique.

http://www.ecrans.fr/L-internet-francais-sous-haute,12148.html

 

Dans ce "paquet" contre le terrorisme (celui des épiceries tapies dans l'ombre, probablement ?) et la pédo-pornographie, on place en douce un levier qui permettra de démolir n'importe quelle petite entreprise sur un claquement de doigts, puisque la Loi est désormais tellement compliquée, par la grâce des lobbies, qu'il est probablement impossible de la respecter à la perfection à chaque instant, surtout lorsque la structure est jeune et créative.

 

Bref, une arme très lourde contre tous ceux qui font reculer le chômage et qui sont déjà logés à une enseigne fort différente des multinationales, lesquelles peuvent échapper à tous les règlements en choisissant des implantations lointaines au gré des législations. Je me souviens personnellement de cette petite laiterie, installée dans une vallée préservée des Pyrénées, produisant des yaourts absolument délicieux... qui a subi 11 (!) contrôles des services vétérinaires au cours de la même année 2009. Un véritable harcèlement alors que -et c'est ça le plus important- RIEN, jamais, ne pouvait être reproché à leur procédés de fabrication ni à leurs produits, impeccables. Et cela pendant que de gros charcutiers français se révélaient être propriétaires (et le sont probablement toujours) de plusieurs élevages concentrationnaires de porcs au Mexique, qui ruinent la santé d'une région toute entière et fournissent en sortie une viande forcément dégradée, sans qu'aucun contrôle ne puisse jamais s'attaquer à eux.

http://www.tsr.ch/emissions/36-9/936031-h1n1-pourquoi-c-est-tombe-sur-les-mexicains.html 

 

Le système ultra-capitaliste, en fait, agit comme s'il était doté d'une volonté propre. Il tend de lui-même vers son "idéal" qui est celui d'un peuple esclave et jetable, employé à l'intérieur d'énormes entreprises, avec un chômage à haut niveau géré comme une torture psychologique, afin de maintenir les employés dans la peur de perdre leur emploi, et ainsi d'accepter plus facilement une constante hausse de productivité et dégradation de leurs conditions de vie.

 

Un espoir : l'Economie Sociale et Solidaire qui, sur le terrain micro-économique régional, cherche à sortir de ce cercle vicieux en replaçant l'homme au centre du système (et non plus le profit). Les collectivités locales se mobilisent parfois pour soutenir ces initiatives, il y a des réussites, mais curieusement: sous condition implicite de discrétion. Reste qu'un grand nombre sont torpillées par les clientélismes locaux, souvent liés aux grosses boîtes de la place. Ceux qui pourraient faire sortir nos régions de la crise sont ainsi régulièrement abattus par les snipers de l'ultra-capitalisme.

 

Le clip de l'Edition 2009 du Mois de l'ESS résumait à la perfection cette situation cauchemardesque. Mais combien de chômeurs ont-ils  entendu parler de cette manifestation, qui dans les faits est régulièrement marginalisée au lieu de faire l'objet du soutien massif qu'elle mériterait, en tant que levier d'optimisme actif et de solidarité contre la chute sociale que nous subissons ?


 

 

 

 

Ce n'est même pas utile de demander à qui profite le crime ? Nous le savons tous.

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans L'obscurité est venue

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