L'Omniprésident face à son destin

Publié le par Neige

Nicolas Sarkozy s'agite, comme à son habitude. En fait, il peut bien faire ce qu'il veut et dire ce qu'il pense, rendre visite à Paul et à Pierre, serrer des mains en ignorant les huées... il n'a plus beaucoup d'importance, s'il en a jamais eu.

Mais ce matin, quand il a déclaré sur RTL : "en ce qui concerne le prix du pétrole, ça ne va pas s'arranger", c'est sûrement plus significatif.



La crainte d'une pénurie durable et généralisée commence à hanter les marchés pétroliers
[ 23/05/08  ]
La flambée des derniers jours témoigne d'une prise de conscience brutale : l'approvisionnement en brut risque d'être beaucoup plus problématique que prévu et le "pic pétrolier" apparaît comme une menace bien réelle. A cause du vieillissement des gisements existants et du manque d'investissement, l'Agence internationale de l'énergie pourrait sérieusement abaisser ses prévisions de production mondiale.
http://www.lesechos.fr/info/energie/4730653.htm


D'expérience, quand les ultra-libéraux commençent à admettre un problème, c'est qu'on est déjà en plein dedans. Avant, ils le nient farouchement, histoire de vendre leur stuff jusqu'au dernier moment, privant ainsi les sociétés et l'humanité toute entière de la conscience qui serait nécessaire pour anticiper.



C'est ce qui s'est passé pour le changement climatique, lequel n'arrangeait pas du tout l'industrie automobile... conséquence : on nous a bien rigolé au nez, avant 2005 ! Combien d'études bidons n'ont-elle pas été publiées pour étouffer nos voix qui disaient qu'il fallait arrêter la surenchère industrielle le plus vite possible - et changer radicalement de cap ?

Je me souviens de mon voisin, bon français à 3h30 de télé par jour - en 2003, dans son jardin dévasté par la sécheresse : herbe brûlée grise et feuilles qui tombaient en plein juillet... me répétant obstinément que non, c'étaient "des bêtises, comme tout ce que raconte la météo".

Désormais, tout indique que ça va aller très vite, à commencer par le transport routier qui n'en peut déjà plus... et le transport routier influe sur tout le reste. Mais comme on traînait les pieds quand il s'agissait de mettre en place d'autres solutions ! La première urgence aurait été la relocalisation de la production alimentaire. Mais non, pensez vous ! On n'arrête pas le progrès, on ne va pas contre la mondialisation !

Dans les semaines et les mois qui viennent, on va voir nos politiques s'activer pour colmater des failles de plus en plus béantes, subventionner par ci et par là... bref "changer le pansement au lieu de penser le changement" comme disait Francis Blanche. Mais qu'est-ce que ça va arranger, à terme ? Rien du tout, au contraire, ce sera juste faire croire encore un moment que c'est possible, que ça va s'arranger. Quitte à provoquer des émeutes de la pauvreté dans les secteurs économiques qu'on a activement aidé... à ne pas se réveiller.

Nicolas Sarkozy, en France, sera sans doute celui qui boira la coupe jusqu'à la lie... car dans son appétit insatiable de pouvoir et quels que soient ses objectifs personnels... il récuse une évidence fondamentale (pour tous ceux qui n'ont cessé d'observer le monde depuis les premiers craquements dans la forteresse ultra-capitaliste) :
il n'y a pas de pire moment que celui que nous vivons, pour prétendre gouverner un pays quel qu'il soit - selon des principes économiques dont l'échec est désormais inéluctable.




 





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Jean Claude Goujat 09/06/2008 21:01

Je suis en..uié.Dans mon département il n'y a pas de transports en commun ou si peu.Si je veux aller à Mont de Marsan ou a Dax ou dans n'importe quel autre ville ou village je n'ai aucun choix:je dois prendre un véhicule.Je peux encore aller à la plage en vélo,suis pas trop vieux mais combien de temps encore?Si t-out les départements de provinces sont dans le même cas le travail est colossal.Et ce n'est que le transport,avec les batiments anciens à renover........Mais "on" met de l'argent dans l'arme atomique..pour aller chercher par la force si besoin est le pétrole dans les pays qui en ont.Et la c'est sans haine de la part des dirigeants.Mais dans ce cas n'est-ce pas pire?

Neige 10/06/2008 00:08


Il n'y a plus de cars chez moi non plus - et je suis aussi à plusieurs kilomètres de l'alimentation la plus proche... mais c'est si brutal, en quelques semaines la masse a pris conscience
que la fin du pétrole était toute proche. Et qu'en attendant, il serait de plus en plus cher.
Bref, le réveil est brutal, mais j'ai déjà entendu parler de remise en place de transports en commun pour les campagnes et d'aides à l'agriculture vivrière de proximité. 
Sinon, des choses intéressantes s'organisent même dans les Conseil Généraux :
http://www.covoituragelandes.org/
(mais il y a d'autres associations dans la région)... et pour la relocalisation alimentaire :
http://www.amap-aquitaine.org/
bref, les gens n'ont pas l'air d'être prêts à se laisser crever la gueule ouverte :)